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jeudi 6 décembre 2012

Un coup d'Cid ira avec vous ?



Après avoir tranquillement massacré la tirade du nez, j'ai décidé de m'attaquer à celle du Cid. Mais, histoire de corser un peu le jeu, j'ai ajouté une contrainte à mon petit jeu : conserver les rimes originales. Je vous livre d'abord, l'original, afin que vous puissiez avoir un élément de comparaison :

Sous moi donc cette troupe s'avance,
Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !
J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés,
Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés;
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d'impatience, autour de moi demeure,
Se couche contre terre, et sans faire aucun bruit
Passe une bonne part d'une si belle nuit.
Par mon commandement la garde en fait de même,
Et se tenant cachée, aide à mon stratagème;
Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous
L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous.
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles;
L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort
Les Maures et la mer montent jusques au port.
On les laisse passer ; tout leur paraît tranquille;
Point de soldats au port, point aux murs de la ville.
Notre profond silence abusant leurs esprits,
Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris;
Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
Et courent se livrer aux mains qui les attendent.
Nous nous levons alors, et tous en même temps
Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Les nôtres, à ces cris, de nos vaisseaux répondent;
Ils paraissent armés, les Maures se confondent,
L'épouvante les prend à demi descendus;
Avant que de combattre ils s'estiment perdus.
Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre;
Nous les pressons sur l'eau, nous les pressons sur terre,
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,
Avant qu'aucun résiste ou reprenne son rang.
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient,
Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient
La honte de mourir sans avoir combattu
Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu.
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges;
De notre sang au leur font d'horribles mélanges.
Et la terre, et le fleuve, et leur flotte, et le port,
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
Ô combien d'actions, combien d'exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !
J'allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour.
Mais enfin sa clarté montre notre avantage;
Le Maure voit sa perte, et perd soudain courage
Et voyant un renfort qui nous vient secourir,
L'ardeur de vaincre cède à la peur de mourir.
Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles,
Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables,
Font retraite en tumulte, et sans considérer
Si leurs rois avec eux peuvent se retirer.
Pour souffrir ce devoir leur frayeur est trop forte;
Le flux les apporta, le reflux les remporte;
Cependant que leurs rois, engagés parmi nous,
Et quelque peu des leurs, tous percés de nos coups,
Disputent vaillamment et vendent bien leur vie.
À se rendre moi-même en vain je les convie :
Le cimeterre au poing ils ne m'écoutent pas;
Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats,
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Ils demandent le chef; je me nomme, ils se rendent.
Je vous les envoyai tous deux en même temps;
Et le combat cessa faute de combattants.

(Le Cid, extrait acte IV, scène 3)

Et maintenant le pastiche : éloignez, cette fois encore, ceux des enfants qui n'écoutent pas durant les cours d'éducation sexuelle :-)
- Sous moi donc cette croupe s'avance
Et attend de ma part une mâle assurance.
J'étais un peu flapi, mes ses mains en renfort
Aussitôt réagissent, me transformant en porc,
Tant qu'au bout du rouleau - j'ai pourtant le vit sage
-Mon caleçon céda, malgré tout son courage !
Je cache des deux mains mon organe à river
Mais le bougre dépasse, fier qu'elle l'ait trouvé,
Le reste de mon corps est offert à cette heure,
Et sa bouche partout furète ! Maman je meurs !
Elle me lèche et m'embrasse, et me suce à grand bruit,
Promettant à mes sens une bien longue nuit.
Entre ses doux baisers, elle susurre qu'elle même
Perd toute retenue. C'est ça chez elle que j'aime
Et la force qu'elle met à me baiser j'avoue,
Me secoue à présent plus qu'une quinte de toux !
Elle veut que mon assaut lui fasse voir les étoiles,
Et pour m'y inciter arrache tous ses voiles :
Ensemble nous nous prenons, et d'un commun effort
Nous incitons mon mat à visiter son port.
Au début c'est aisé, on commence tranquille ;
Juste quelques chatouilles, point de caresse vile,
Quelques mots bien choisis, et quelques traits d'esprit
Chacun découvre l'autre et chacun est surpris ;
On veut monter avant que l'autre ne descende
Lui donner son plaisir avant qu'il ne l'attende.
Partout, dans nos deux corps, souvent en même temps
Nos organes s'expriment et jouissent en s'éclatant
Nos sangs, à tout ce bruit, dans nos vaisseaux répondent,
Nos membres se mélangent et même se confondent,
Et nos bouches s'aspirent goulues comme des sangsues,
Dans le stupre nous nous jetons à corps perdus !
Je la croyais bien sage, elle ne m'émouvait guère,
Elle me savait puceau, et me trouvait austère,
Un instant de passion a fait bouillir nos sangs
Nous n'avons su rester, impassibles, à nos rangs,
Le sort nous a jetés, ensembles, dans ce rallye
Où nos corps se déchainent quand nos esprits s'oublient
Et sans crainte demain d'être trop courbatus
Nous jetons aux orties et pudeur et vertu.
Oui nous nous accouplons ! Nous ne sommes pas des anges !
Mon Dieu comme il est bon de goûter ce mélange !
Elle est pieuvre moi poulpe, elle est truie je suis porc
Rien ne peut nous stopper sauf peut être la mort.
Ô combien d'assauts ce corps que je célèbre
Pouvait-il supporter avant que les ténèbres
Cèdent la place au jour ? Et savais-je donner
Debout, assis, couché, sur un plan incliné ?
Tandis que les bigots marmonnent des patenôtres
Avec elle sur l'autel du stupre je me vautre,
Toutes les positions, mais chacune à son tour,
Toutes ! Je les essaie, avant le point du jour,
Et quand la nuit s'achève, je suis comme un potage,
Liquide plus que solide, malgré tout mon courage,
Même la pilule bleue ne peut me secourir
Mon cœur s'est emballé, j'ai bien peur d'en mourir.
Si elle demande encore, je vais péter un câble,
Glisser du paradis jusqu'à l'épouvantable,
Mais juste à cet instant, j'aperçois, sidéré,
Qu'elle s'est évanouie. Je me suis retiré.
Pauvre enfant. J'ai pitié, l'émotion est trop forte,
L'amour l'a transportée, la fatigue l'emporte ;
Soulagé de l'issue, très tendrement je noue
Mes bras endoloris autour de son beau cou
Et tout en la berçant, je remercie mon vit.
En imagination, déjà je la convie
À lier nos destins, et ses pas à mes pas,
Pour que toutes les nuits, vaillant petit soldat,
De mes furieux assauts, toujours elle se défende
Quelques brèves minutes, avant qu'elle ne se rende.
Je désire plus que tout qu'elle m'aime encore longtemps,
Que le combat ne cesse, faute de con battant.

J'entends déjà hurler les ligues de vertu… Et pourtant ! Ce combat là n'est pas sans gland… Euh, je veux dire sanglant, bien sûr ! Il n'a fait de mal à personne. Et si Rodrigue s'était ainsi occupé de Chimène, les deux barbons, au lieu de s'insulter, les auraient mariés, et tout le monde serait encore en vie, y compris quelques milliers de maures et d'espagnols ! Ce n'est que bien plus tard, hélas, que le slogan "faites l'amour, pas la guerre !" connaîtra son heure de gloire. Plus tôt, même s'il avait été signé Corneille, il n'aurait eu aucun succès.

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