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mercredi 26 février 2014

Le 13... Suite et fin 

La Belette est encore assommée par ce qu'elle vient d'apprendre. Son héros, le gros gorille indestructible qui l'a fait sauter sur ses genoux, et à qui elle a confié une bonne partie de ses tourments d'adolescente trop tôt privée de père vient de se casser la gueule de son piédestal, et il va y avoir du boulot pour recoller les morceaux. Fifi se racle ostensiblement la gorge, ce qui a le don de la ramener dans la vie réelle. Elle reprend son récit :
-" Donc, je vous disais que je me suis réveillée dans la position dans laquelle vous m'avez trouvée. Enfin… Presque. Au départ, je n'avais qu'une vingtaine de kilos à me tirer sur les membres, c'était plutôt cool. Il a corsé la note au fur et à mesure. Bon, je vous préviens tout de suite, pour le portrait robot, faudra repasser. Le type était vêtu d'une sorte de combinaison sado-maso, en cuir ou similicuir noir, et portait une cagoule. C'est un homme de taille moyenne, dans les un mètre soixante quinze, un mètre quatre vingts, de corpulence moyenne, avec un physique d'agent administratif…
- D'agent administratif ! Que définissez-vous, exactement, par "un physique d'agent administratif" ?" interroge Fifi, apparemment scotché par le vocabulaire de notre Belette.
-" Et ben, je dirais qu'il pèse dix kilos de moins qu'il n'a de centimètres au dessus du mètre, et que, malgré ça, il réussit à avoir un bedon confortable, ce qui s'explique par une quasi absence de développement de la masse musculaire qu'on est en droit d'attendre chez un mâle.
- Et vous appelez ça un physique d'agent administratif ! Mais pourquoi ?
- Parce que je trouve que rien n'est plus éloigné de l'image que je me fais de l'homme idéal qu'un agent administratif. C'est mou, c'est veule, c'est quasiment asexué, et, par-dessus tout, c'est inutile, un agent administratif ! Je hais les agents administratifs !
- Mon père était agent administratif !
- Et Corse ?
- Bien évidemment !
- Je comprends que cette double malédiction soit si lourde à porter pour vous, monsieur le commissaire."

Avant que Fifi n'explose devant la mine faussement apitoyée d'une Belette qu'on sent remontée comme un skieur arrivant en haut du tire-fesses, je décide de recentrer la discussion :
-" Que peux-tu nous apprendre d'autre, sur ce type ?
- Je vous l'ai dit, pas grand-chose capitaine. C'est un caucasien qui doit avoir une quarantaine d'années, à peu près. Voix banale, physique banal, eau de toilette bon marché, c'est le genre de type qu'on croise tous les jours sans jamais le remarquer. Même sa bite est ordinaire !
- Mais enfin, mademoiselle Le Fur !" Le petit Corse est tout retourné.
-" Ben quoi, c'est vrai, enfoncelecloue la donzelle, avec férocité. "Douze centimètres de long, entre trois et quatre de diamètre, non circoncis, rose pâle, et la raideur d'une banane trop mûre, j'appelle ça une bite ordinaire. Surtout emballée dans un préservatif rose. C'est pas avec elle qu'il m'a fait le plus mal, même quand il a tenté de m'enc…
- Il y a donc eu sévices sexuels !" interviens-je à propos pour éviter à Fifi d'exploser pour de bon.
- Pour ça, oui, il a eu le temps. Encore que, sans vouloir jouer avec les mots, c'est plutôt sa façon de faire joujou avec les masses de fontes qui m'a fait jongler. Pour le reste… Il m'a baisée une première fois, mais il est venu de tout de suite…
- Un éjaculateur précoce ? C'est bon à savoir…
- Non, quand même pas… Quand je dis tout de suite, disons que ça a pris moins de cinq minutes."
Fifi est complètement effaré du naturel avec lequel la Belette nous raconte son viol.
-" Mais enfin, mademoiselle Le Fur, on a l'impression que vous le regrettez !
- Ben, tant qu'à me faire baiser, puisque j'étais dans l'impossibilité d'y couper, j'aurais aimé en profiter un peu, c'est humain, non ? Mais non, j'déconne. Enfin, c'est quand même ce que j'ai essayé de lui faire croire, à l'autre tordu. Parce que son trip à lui, c'est la peur et la douleur qu'il inspire. Et ça, je l'ai compris tout de suite, et c'est sans doute ce qui m'a sauvée. Dès qu'il a fini sa petite affaire, je me suis plainte de son manque d'endurance, et j'en ai redemandé. Je vous garantis que ça l'a énervé un bon peu, et c'est là qu'il a essayé de m'enc… Enfin, de prendre l'entrée de service. Seulement, j'ai le cul plus musclé qu'il n'a la bite raide, si vous me pardonnez l'expression, monsieur le commissaire… Donc là, macache ! Même avec un doigt, il n’y arrivait pas. Je vous le dis, physiquement, c'est un agent administratif, y'a pas à tortiller. Ces échecs répétés, ça a quand même fini par le foutre en rogne pour de bon et il a commencé à augmenter les charges qui m'écartelaient. Là, franchement, j'ai eu peur. Et mal. J'ai eu un moment de doute sur la conduite à tenir, mais je me suis dit que la seule façon de m'en sortir, c'était de durer le plus longtemps possible pour vous permettre de comprendre et de nous jouer la charge de cavalerie. D'ailleurs, à ce propos, bravo à vous tous. Vous m'avez trouvée vachement plus vite que je ne l'espérais. Mais je m'égare. Donc, j'ai décidé de cacher ma peur et de lui tenir tête, mais de feindre l'évanouissement, de temps en temps, pour éviter qu'il ne monte les charges trop rapidement. Ce petit jeu a duré jusqu'au lever du jour, hier matin. Il m'a alors expliqué qu'il avait besoin de repos, qu'il allait se coucher en pensant à moi, et qu'il reviendrait le soir même pour s'amuser de nouveau, jusqu'à ce que je demande grâce, et que je le supplie de me tuer. Il a ajouté qu'il me violerait encore pile et face, et que cette fois il me ferait pleurer, parce que je n'aurais plus la force de lui résister, amoindrie par une journée complète d'écartèlement. Entre nous, je pense qu'il se la pétait un peu. Face à sa petite bite molle, j'aurais pu tenir encore une nuit, et la journée de dimanche.
- Et bien je suis néanmoins heureux que tu n'aies pas eu à en faire la preuve." dis-je. "Il reste maintenant à nous organiser pour retrouver ce pékin moyen, et on n'est pas beaucoup plus avancé qu'avant ton enlèvement. On sait seulement qu'il lit les journaux.
- Qu'ils lisent les journaux." me reprend Ferricelli.
-" Excusez-moi, monsieur, mais je vous assure que le type était seul."

- Et c'est bien ce qui m'ennuie, lieutenant. Parce que, voyez-vous, le capitaine Sénéchal n'est pas le seul, ici, à faire des heures sup. Moi aussi, je travaille pendant le week-end. C'est ainsi que j'ai eu hier la confirmation d'une hypothèse qui se construisait depuis plusieurs jours. Les tueurs sont quatre, et je connais leurs noms.

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