Le 13... Suite et fin
La Belette est encore assommée par ce
qu'elle vient d'apprendre. Son héros, le gros gorille indestructible qui l'a
fait sauter sur ses genoux, et à qui elle a confié une bonne partie de ses
tourments d'adolescente trop tôt privée de père vient de se casser la gueule de
son piédestal, et il va y avoir du boulot pour recoller les morceaux. Fifi se
racle ostensiblement la gorge, ce qui a le don de la ramener dans la vie
réelle. Elle reprend son récit :
-" Donc, je vous disais que je
me suis réveillée dans la position dans laquelle vous m'avez trouvée. Enfin…
Presque. Au départ, je n'avais qu'une vingtaine de kilos à me tirer sur les
membres, c'était plutôt cool. Il a corsé la note au fur et à mesure. Bon, je
vous préviens tout de suite, pour le portrait robot, faudra repasser. Le type
était vêtu d'une sorte de combinaison sado-maso, en cuir ou similicuir noir, et
portait une cagoule. C'est un homme de taille moyenne, dans les un mètre
soixante quinze, un mètre quatre vingts, de corpulence moyenne, avec un
physique d'agent administratif…
- D'agent administratif ! Que
définissez-vous, exactement, par "un physique d'agent administratif"
?" interroge Fifi, apparemment scotché par le vocabulaire de notre
Belette.
-" Et ben, je dirais qu'il pèse
dix kilos de moins qu'il n'a de centimètres au dessus du mètre, et que, malgré
ça, il réussit à avoir un bedon confortable, ce qui s'explique par une quasi
absence de développement de la masse musculaire qu'on est en droit d'attendre
chez un mâle.
- Et vous appelez ça un physique
d'agent administratif ! Mais pourquoi ?
- Parce que je trouve que rien n'est
plus éloigné de l'image que je me fais de l'homme idéal qu'un agent
administratif. C'est mou, c'est veule, c'est quasiment asexué, et, par-dessus
tout, c'est inutile, un agent administratif ! Je hais les agents administratifs
!
- Mon père était agent administratif
!
- Et Corse ?
- Bien évidemment !
- Je comprends que cette double
malédiction soit si lourde à porter pour vous, monsieur le commissaire."
Avant que Fifi n'explose devant la
mine faussement apitoyée d'une Belette qu'on sent remontée comme un skieur
arrivant en haut du tire-fesses, je décide de recentrer la discussion :
-" Que peux-tu nous apprendre
d'autre, sur ce type ?
- Je vous l'ai dit, pas grand-chose
capitaine. C'est un caucasien qui doit avoir une quarantaine d'années, à peu
près. Voix banale, physique banal, eau de toilette bon marché, c'est le genre
de type qu'on croise tous les jours sans jamais le remarquer. Même sa bite est
ordinaire !
- Mais enfin, mademoiselle Le Fur
!" Le petit Corse est tout retourné.
-" Ben quoi, c'est vrai,
enfoncelecloue la donzelle, avec férocité. "Douze centimètres de long,
entre trois et quatre de diamètre, non circoncis, rose pâle, et la raideur
d'une banane trop mûre, j'appelle ça une bite ordinaire. Surtout emballée dans
un préservatif rose. C'est pas avec elle qu'il m'a fait le plus mal, même quand
il a tenté de m'enc…
- Il y a donc eu sévices
sexuels !" interviens-je à propos pour éviter à Fifi d'exploser pour
de bon.
- Pour ça, oui, il a eu le temps. Encore que, sans vouloir jouer avec
les mots, c'est plutôt sa façon de faire joujou avec les masses de fontes qui
m'a fait jongler. Pour le reste… Il m'a baisée une première fois, mais il est
venu de tout de suite…
- Un éjaculateur précoce ? C'est bon
à savoir…
- Non, quand même pas… Quand je dis
tout de suite, disons que ça a pris moins de cinq minutes."
Fifi est complètement effaré du
naturel avec lequel la Belette nous raconte son viol.
-" Mais enfin, mademoiselle Le
Fur, on a l'impression que vous le regrettez !
- Ben, tant qu'à me faire baiser,
puisque j'étais dans l'impossibilité d'y couper, j'aurais aimé en profiter un
peu, c'est humain, non ? Mais non, j'déconne. Enfin, c'est quand même ce que
j'ai essayé de lui faire croire, à l'autre tordu. Parce que son trip à lui, c'est
la peur et la douleur qu'il inspire. Et ça, je l'ai compris tout de suite, et
c'est sans doute ce qui m'a sauvée. Dès qu'il a fini sa petite affaire, je me
suis plainte de son manque d'endurance, et j'en ai redemandé. Je vous garantis
que ça l'a énervé un bon peu, et c'est là qu'il a essayé de m'enc… Enfin, de
prendre l'entrée de service. Seulement, j'ai le cul plus musclé qu'il n'a la
bite raide, si vous me pardonnez l'expression, monsieur le commissaire… Donc
là, macache ! Même avec un doigt, il n’y arrivait pas. Je vous le dis,
physiquement, c'est un agent administratif, y'a pas à tortiller. Ces échecs
répétés, ça a quand même fini par le foutre en rogne pour de bon et il a
commencé à augmenter les charges qui m'écartelaient. Là, franchement, j'ai eu peur.
Et mal. J'ai eu un moment de doute sur la conduite à tenir, mais je me suis dit
que la seule façon de m'en sortir, c'était de durer le plus longtemps possible
pour vous permettre de comprendre et de nous jouer la charge de cavalerie.
D'ailleurs, à ce propos, bravo à vous tous. Vous m'avez trouvée vachement plus
vite que je ne l'espérais. Mais je m'égare. Donc, j'ai décidé de cacher ma peur
et de lui tenir tête, mais de feindre l'évanouissement, de temps en temps, pour
éviter qu'il ne monte les charges trop rapidement. Ce petit jeu a duré jusqu'au
lever du jour, hier matin. Il m'a alors expliqué qu'il avait besoin de repos,
qu'il allait se coucher en pensant à moi, et qu'il reviendrait le soir même
pour s'amuser de nouveau, jusqu'à ce que je demande grâce, et que je le supplie
de me tuer. Il a ajouté qu'il me violerait encore pile et face, et que cette
fois il me ferait pleurer, parce que je n'aurais plus la force de lui résister,
amoindrie par une journée complète d'écartèlement. Entre nous, je pense qu'il
se la pétait un peu. Face à sa petite bite molle, j'aurais pu tenir encore une
nuit, et la journée de dimanche.
- Et bien je suis néanmoins heureux
que tu n'aies pas eu à en faire la preuve." dis-je. "Il reste
maintenant à nous organiser pour retrouver ce pékin moyen, et on n'est pas
beaucoup plus avancé qu'avant ton enlèvement. On sait seulement qu'il lit les
journaux.
- Qu'ils lisent les journaux."
me reprend Ferricelli.
-" Excusez-moi, monsieur, mais
je vous assure que le type était seul."
- Et c'est bien ce qui m'ennuie,
lieutenant. Parce que, voyez-vous, le capitaine Sénéchal n'est pas le seul,
ici, à faire des heures sup. Moi aussi, je travaille pendant le week-end. C'est
ainsi que j'ai eu hier la confirmation d'une hypothèse qui se construisait depuis
plusieurs jours. Les tueurs sont quatre, et je connais leurs noms.
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